Philippe Passon Artisan Réalisateur Cayenne
Bonjour
Ici des courts-métrages tournés en Guyane, et un peu au Brésil. En Guyane, je ne fais plus beaucoup l’acteur. Pause d’aventures théâtrales, quelques courts-métrages, le long de marc Barrat Orpailleur, quelques jours… Mais j’ai réalisé davantage de courts, un peu « à l’arrache » (comme A l’envers ou Toti a ka briga) et des sujets plus « docu » m’attirent. Deux sujets, plus longs, tournés sur le Maroni, me tiennent très à coeur (surtout Les Rencontres Musicales…) :
Le premier, Jour de fête sur le Maroni, sur la fête des communes, tourné à Grand-Santi, village Djukas, en août 2007 a été présenté place des Amandiers le vendredi 23 octobre 2009, en ouverture du festival Comme une lettre au cinéma. Je m’obstinais à poser une voix off mais il tient comme ça. C’est un nouveau genre pour moi, j’ai appris. Le second, Les rencontres du Maroni, tourné sur deux jours de concerts Aléké et Reggae en juin 2008, à la fête de Papaïchton, est accompagné de la voix de Dina, une jeune Boni que vous verrez faire Bike side sur scène. Les deux films « baignent » dans la musique traditionnelle des Noirs Marrons. J’aime être là-haut.
Pour m’adapter au format you tube j’ai dû mettre des films en deux parties.
Journal de : Une pirogue sinon rien (titre provisoire), avec une équipe cette fois est un road movie, dont le tournage a commencé en mai 2010, entre Cayenne et Sinnamary. Pour des raisons pratique on a tourné en plusieurs fois; sur un an et demi. La saison des pluies a commencé fort en 2010 mais on a tourné trois jours en mai à Tonnegrande. Les beaux ciels n’étaient pas au rendez-vous, trop de pluie pour le décor du carbet, journée reportée; Gaby notre p’tite costumière met fin à ses jours, la pluie gronde, on arrête tout.
En septembre, seuls avec le cadreur (une chouette rencontre), on reprend doucement des scènes de route, avec une lumière qui va bien. Le dernier week-end du mois on doit boucler la séquence du carbet et toutes les séquences avec le jeune acteur brésilien Yvon qui m’accompagne au début du film, mais il fait des siennes et se casse une cheville. Je suis prêt à intégrer son plâtre dans le film; l’ingé-son n’est pas dispo, on reporte encore.
Dimanche 31 octobre, tout le monde est dispo, Yvon n’a plus son plâtre, on peut enfin tourner cette séquence du carbet; malheureusement le temps fait des caprices, on doit arrêter à 15h00. Je prends ces petits accidents comme des cadeaux car cette semaine me permet de mieux préparer le plan de travail et mieux intégrer des personnages comme Denise, une femme georgetownienne que j’ai eu en cours de fle il y a six ans et qui à l’écran comme dans la vie dégage sévère.
Le dimanche 7 novembre, on tourne les séquences qu’il reste. La veille je passe ma soirée à courir après Yvon bourré dans les rues de Cayenne, pour le faire natter, et ce dimanche mon « producteur » sakanimer me plante carrément, il ne vient pas sur le plateau alors qu’il est prévu environ une heure pour le raccord car il est à l’image depuis la semaine précédente. J’avais prévu cette éventualité et on a triché, a priori on s’en sort bien. Une belle journée, plan de travail respecté, beaucoup de plans tournés, chouette performance dans ce super décor, enfin terminé; on peut continuer et avancer. Reste à trouver le personnage féminin, ma compagne.
Mi-décembre je rencontre enfin une actrice qui rame comme les autres pour ce rôle mais elle travaille et revient, nouveaux essais; ça va le faire. La saison des pluies approche. Le proprio de la superbe maison en bord de mer où j’aimerais tourner propose de me laisser les clés; cadeau. Je cale un week-end, il pleut cette semaine-là, mais le week-end nikel, plein soleil. Séquence enfin tournée. Maintenant on va laisser passer la saison des pluies, du moins une partie et envisager de boucler les plans de forêt quand une journée ensoleillée pointera son nez et surtout préparer tranquillement la dernière étape : le week-end à Sinnamary pendant le petit été de mars.
Fin juin on a quasi bouclé les séquences près de Sinnamary avec l’acteur Roland Zéliam, on doit retourner un peu autour et dans Sinnamary mais on commence à en voir le bout. Les séquences où je me perds en forêt sont plus longues que prévu; on s’est rapproché de Cayenne et on a bouclé.
Pause vacances d’été. A mon retour il semble que la fin du film doit changer (heureusement elle n’est pas tournée) et que des plans de route et de forêt restent à tourner.
Mi-septembre 2011, tournage terminé. Gérer tant de choses est parfois pesant mais ça été une belle aventure sur laquelle j’aurais beaucoup appris; mais peu importe le manque de production ou de moyens, par contre la prochaine fois pas de tournage sans scripte.
Début octobre le montage est bouclé sur un format de moins de trente minutes. Enfin! La musique avance bien, avec un musicien joueur de Guembré (encore une belle rencontre) qui a su trouver le ton que j’attendais. Le mixage commence ainsi que l’étalonnage, ça prend forme.
Depuisle film ne s’appelle plus Une pirogue sinon rien mais Kontré.
Il a été programmé au festival Cinamazonia à Cayenne mi-novembre dans des conditions déplorables. Pour une première diffusion c’était douloureux. J’ai organisé, le 11 février 2012, une projection à l’Encre, de Kontré et du making-of de David Schaeffer. Le carnaval n’était pas terminé mais il y avait du monde et on a pu partager de bons moments autour d’un verre. La boucle est enfin bouclée avec ce film. On peut entamer les démarches auprès des festivals…..
Voici le court montage qui a servi à annoncer la soirée :
http://www.youtube.com/watch?v=-vtePpm9JTk&feature=youtu.be
Un autre projet perso, entamé celui-ci : un reportage sur le tatouage en Guyane (tatoués et tatoueurs); un projet plus léger, commencé il y a des mois, je prends mon temps. Pour l’instant ce projet en stand by. Il n’ira peut-être pas plus loin.
Petit retour en arrière :
Parallèlement à ces aventures filmiques, l’idée de monter un festival avait muri et je m’étais retrouvé Président de l’association Sakanimer. Une chouette équipe s’est constituée et on a lancé, début mai 2007, un défi à courts-métrages, la deuxième édition d’un festival de courts-métrages intitulé Comme une lettre au cinéma; un labsus de David le graphiste qui m’avait semblé bienvenu pour le nom du défi qui consistait à réaliser un film entre 2 à 10 minutes, en deux mois et de l’envoyer. Une caméra, des idées et des amis suffisaient. Un défi ouvert à tous, autour d’un thème. La première année c’était : Ta famille, c’est qui ? L’ année suivante c’était : Noir et blanc.
L’idée étant de faire tourner des films sur le territoire guyanais, par des gens qui n’avaient pas nécessairement de formation ni de moyens mais des idées et envie d’aller au bout de ce type d’expérience, en sachant que c’est du plaisir mais également du temps et du travail. La première année, le 14 novembre 2008, nous avons projeté les douze films reçus et sélectionnés, place des Amandiers à Cayenne. On attendait cent personnes, il y en a eu plus de deux cents, un public très large, une soirée presque « familiale. Nous disposions de petits budgets et notre démarche visait à toucher le grand public avec des films représentatifs de la diversité culturelle guyanaise. Le 23 octobre 2009, toujours place des Amandiers, il y avait autant de monde. La machine était lancée mais certains ont quitté le navire associatif. J’ai rendu mon tablier de Président. La relève semblait assurée mais le festival n’a plus lieu. Et les derniers membres ont déserté le territoire alors… mais Kontré se fait pour l’instant avec le « soutien » de Sakanimer.
Ateliers Vidéo :
Et enfin j’ai animé des ateliers vidéo avec des jeunes, d’abord au collège Lise Ophion de balata, un quartier dit « sensible », sur la thématique Prévention contre la violence. On a présenté le film devant des élus et un large public. Les acteurs étaient impressionnés et la Principale du collège enchantée de leurs prestations à l’écran. Le film servira de support pédagogique pour des débats à venir. J’ai renouvelé l’expérience au collège Auguste Dédé avec A l’école buissonnière et aussi à Macouria dans le dispositif Passeur d’images avec L’erreur est humaine qui a du reste été sélectionné pour un dvd de ce dispositif pour représenter la Guyane. Vous trouverez ces films dans la catégorie Films d’à côté..
Bons visionnages
Bonjour,
je suis Professeur d’education socio culturelle au lycée pro agricole de Matiti, et fraichement arrivée en Guyane, je fais progressivement un repérage des acteurs culturels pour voir dans quelle mesure je peux imaginer et construire avec eux des projets.
Pourriez vous m’indiquer vos disponibilités pour se rencontrer prochainement.
merci d’avance
Cordialement,
Ariane Pozzo
Ariane Pozzo a dit ceci 4 septembre, 2009 à 20:46
Merci pour ces films, je suis rentré en 2009 après 10 ans à Grand Santi et le film de la fête est comme une bouffée d’air frais, revoir les lieux, les gens, la musique, les femmes qui dansent… Merci beaucoup, j’ai pas mal filmé là-haut, mais ton talent, le rythme que tu donnes, le décalage du road-movie;..
Bon j’arrête là, et juste encore un bravo.
MICA a dit ceci 2 décembre, 2010 à 16:08